dimanche, août 14, 2005

Ouvert pour cause de rentrée... [Première partie]

Voilà, je suis de retour !

Il faut toujours semer derrière soi un prétexte pour revenir quand on part. Alessandro Baricco, Océan mer.

J'ai envie de vous faire partager mes souvenirs de vacances : excellentes, variées, envoûtantes, très physiques parfois, une inondation de couleurs et de senteurs... La Corrèze du sud est vraiment inoubliable.


Par quoi commencer ?
Essayons déjà par le début...
Et d'abord un grand merci à Dominique et à Brigitte sans qui ce voyage n'aurait pas eu lieu. Je les embrasse sur la bouche.

Voici donc quelques extraits de mon "carnet de voyage", "el cuaderno de bitácora" (*) dans la langue de mon coeur.
(*) Sur les navires espagnols du "Siècle d'or" la rose des vents était divisée en 32 secteurs, les quarts ou cuartas de 11°15' chacun ; le nord était signalé par une fleur de lys et l'est était indiqué par une croix, parce que le lieu de naissance du Christ se trouvait à l'est de l'Espagne. L'ensemble était enfermé dans une boite cylindrique à couvercle de verre, suspendue à la cardan pour amortir les mouvements du navire, et introduite dans un coffret dont on pouvait ouvrir un côté afin de voir le compas qui était à l'intérieur. Il s'appelait en espagnol habitáculo, avec le temps, ce mot se déforma en bitácora, qui est le nom actuel du meuble qui contient le compas ; on le retrouve dans la locution qui désigne le journal de bord, où sont consignés les différents caps suivis et les vents rencontrés, el cuaderno de bitácora.

Le lieu ?

Le Pacifique.
C'est vaste me direz-vous.
Précisons.

L’Océanie est divisée en trois sous-régions en fonction de leurs différences ethniques, linguistiques et culturelles :
la Mélanésie à l'ouest- du grec "melas", noir et de "nêsos", îles, ce qui donne "îles noires", en raison de la couleur de peau des habitants - , la Polynésie au sud-est – les nombreuses îles - et la Micronésie au nord - les petites îles - .


Oui, mais où précisément ?

Dans le Pacifique sud, en Polynésie française. Effectuons un zoom car la Polynésie française occupe une superficie aussi grande que l'Europe.

C'est dans l'archipel de la Société -> les Iles du Vent (dans la région parisienne sur la carte précédente !) -> Tahiti.




Tahiti dresse ses deux splendides massifs volcaniques, le grand, couronné de nuages, à plus de 2000 m au mont Orohena, au cœur de Tahiti Nui (*), et le petit, dont le mont Ronui culmine à 1300 mètres, en plein centre de Tahiti Iti (*). Les deux îles sont reliées par l'isthme de Taravao. Papeete est la capitale.

(*) Dans la langue ma'ohi (c'est-à-dire la langue tahitienne) les adjectifs sont postposés par rapport au nom : nui signifie 'grand' et iti signifie 'petit', donc : Tahiti-nui et Tahiti-iti, 'grande île' et 'petite île'.

Un peu d'histoire...

"J'ai découvert un Paradis terrestre...", écrivait Pedro Fernández de Quirós pendant l'été de 1614, moins d'un an avant sa mort, à propos de certaines îles du Pacifique qui venaient d'être incorporées à l'oekoumène européen en une quarantaine d'années (*).

(*) Je renvoie le lecteur à l'excellente et passionnante thèse de Annie BAERT, professeure d'espagnol à Tahiti, 'Le Paradis Terrestre, un mythe espagnol en Océanie, Les voyages de Mendaña et de Quirós 1567-1606', Editions L'Harmattan, 1999. Un grand nombre de mes références historiques proviennent de cet ouvrage.

Allez sur le site puis sur -> disciplines -> espagnol -> espagnolpacifique.

http://www.itereva.pf/

Bon ! Vous avez compris, ils sont accueillants.

Une nouvelle Cythère donc... pays idyllique de l'amour et du plaisir. Rappelons que Cythère est l'île d'Aphrodite, déesse grecque de l'amour et de la fécondité. Vénus est mon nom romain, vous le savez... Je vous invite chez moi.

A cause de son isolement, il fallut près de deux siècles aux européens pour découvrir Tahiti et ses îles... Et pourtant les navigateurs ont quadrillé l'endroit : En 1521, Magellan fait escale sur l'atoll de Puka Puka aux Tuamotus. C'est seulement en 1567 qu'Alvaro de Mendaña, venant des possessions espagnoles en Amérique latine, découvre les Marquises (las Marquesas de Mendoza, nom donné par Mendaña en honneur au vice-roi du Pérou qui a financé son expédition).

Rappelons au passage que Ruy López de Legazpi baptisa en 1542 l'archipel des îles Philippines du nom de l'infant, futur Philippe II d'Espagne. La reine Marianne d'Autriche, deuxième épouse de Philippe IV a donné son nom aux Mariannes, îles annexées en 1668 et vendues à l'Allemagne en 1899. Les îles Carolines, nom donné en l'honneur de Charles II.

En 1606, Pedro Fernández de Quirós traverse les Tuamotu ainsi que les Hollandais Le Maire et Schouten en 1616, et un siècle plus tard en 1722, Roggeven, qui après avoir découvert l'île de Pâques, franchît les Tuamotus et découvre Maupiti beaucoup plus à l'Ouest.
Mais c'est en juin 1767 que Samuel Wallis, faisant route plus au Sud, découvre enfin l'île de Tahiti, suivi dix mois plus tard par le français Louis-Antoine de Bougainville et le 13 avril 1769 par James Cook sur le célèbre 3 mats Endeavour. Bougainville rapporta de son voyage et des deux semaines passées à Tahiti des récits enthousiastes qui contribuèrent largement à créer le mythe du paradis polynésien, complété par les observations de l'astronome Véron et du naturaliste Commerson, faisant partie de l'expédition à bord des navires La boudeuse et L'étoile.
Mais c'est véritablement l'expédition de James Cook sur l'Endeavour en 1769 qui permit de rapporter des observations géographiques et ethnographiques forts nombreuses sur les Iles de la Société, grâce à des relevés topographiques très précis et à la présence, ainsi que lors de ses deux autres expéditions à Tahiti en 1773 et 1779, de botanistes, de peintres et d'astronomes.
En 1789, William Bligh, suite à la célèbre révolte du Bounty dériva sur une chaloupe jusqu'aux Indes hollandaises, tandis qu'un groupe des mutins conduit par Fletcher Christian trouva refuge sur l'île de Pitcairn située à l'Est des australes, et qu'un autre groupe joua un rôle important à Tahiti dans les conflits inter-tribaux avant d'être repris par la Marine britannique.


Les navires britanniques de l'époque avaient l'habitude de venir ancrer au Nord de Tahiti à la pointe Vénus (oui, c'est encore moi !). Vers 1790, le chef de l'endroit s'allia aux mutins du Bounty revenus s'installer à Tahiti et imposa un pouvoir monarchique sous le nom de Pomaré. Son fils qui prit le titre de Pomaré II en 1803 fut le premier à se convertir et à apprendre à lire et écrire. Il remporta en 1815 la bataille de Fe'i Pi contre des clans traditionalistes, cette bataille scella le sort politique de l'archipel et il fut proclamé au rang suprême d'ari i rahi (roi des rois) de Tahiti. A la suite du décès de son jeune frêre Pomaré III, la reine Pomaré IV accéda au pouvoir, régna pendant 50 ans et fut contrainte d'accepter le protectorat de la France en 1842. De 1844 à 1846, de nombreuses batailles opposèrent les Français et les Chefs hostiles à la présence française. En 1881, son fils, le roi Pomaré V accepta de transformer son royaume en colonie de l'Etat français.
En 1888, l'annexion de l'archipel des Iles sous le vent prononcée officiellement par le gouverneur Lacascade entraîna la révolte des îles de Huahine et de Raiatea. L'insurrection dura jusqu'en 1897. En 1901, les Australes sont également annexées par les Français.
Bien que situés très loin des champs de bataille de la Guerre de 14-18, les Polynésiens eurent à subir les assauts de la flotte allemande qui se heurta à Papeete et à leur résistance. Dès 1916, plus de 1000 Polynésiens allèrent grossir les fronts d'Orient, de Champagne et de la Marne.
En 1940 Tahiti se rallie à la France Libre, le 21 avril 1941 les volontaires polynésiens rejoignent les volontaires calédoniens du Bataillon du Pacifique et partent combattre en Afrique et en Europe. En 1942, les Américains installent à Bora-Bora de nombreux équipements militaires de base arrière, mais le front s'est déplacé vers les philipinnes, épargnant ainsi le pacifique sud.
En 1946, Tahiti devient Territoire français d'Outre-Mer, puis en 1958 Polynésie française. Les îles reçurent en 1977 un statut d'autonomie interne, modifié en 1984, puis de nouveau en 1990, allant dans le sens d'un accroissement du pouvoir exécutif local.

Le pays des vahinés...

Depuis l’époque des premiers découvreurs, Wallis, Cook ou Bougainville, les témoignages n’ont guère manqué pour consacrer, à tort ou à raison, Tahiti île de l’amour. Il est vrai qu’à cette époque, les premières vahinés (femme en ma'ohi) qu’allaient rencontrer ces aventuriers guindés ne se posaient pas la question de savoir si leur tenue - très légère - allait choquer ou non... Mais bon ! les corps dénudés de ces jeunes femmes et leurs mœurs débridées ont, semble-t-il, fini par trouver un excellent terrain d’entente avec les gentilshommes austères du XVIIIè siècle. Devant un tel étalage de charme, de sensualité nul n’aurait su demeurer de marbre car l'homme n'est pas fait de bois, n'est-ce pas messieurs ! Contrairement aux hommes, l'identité féminine passe par l'obligation de se rendre désirable, en se conformant à des stéréotypes liés aux désirs masculins (Jean-Claude Kaufmann, je ne sais plus dans quel bouquin).

Indéniablement, au fil des années, c’est le mythe de la vahiné qui a immortalisé la réputation de ces magnifiques paysages des mers du sud. Fières de leur corps, sûres d’elles, les vahinés ont toujours dominé la société polynésienne, depuis la nuit des temps. Aujourd’hui encore, c’est l’épouse, la mère des enfants, qui mène la famille à la baguette. L’homme (tané en ma'ohi), le mari, ne fait que suivre ses directives, même s’il se targue d’être un incorrigible ”macho”.

Voici donc la vahiné :


Oui, je sais, ce n'est pas ce vous attendiez... les clichés sont négatifs.

Mais la réalité quotidienne et la représentation des cartes postales est différente... n'oublions pas que nous sommes sur la planète des fantasmes ! Je dois dire cependant que j'ai vu de très belles femmes et de très beaux hommes, musclés et séduisants, conformes à la légende des îles. Patience, vous allez les voir mais j'ai aussi constaté malheureusement que les polynésiens, faute d'une politique de prévention et d'éducation sociale dans le domaine de l'alimentation, sont presque tous obèses... les enfants et les adultes... faute aussi à Mac Do et Coca Cola... Invasion de l'empire du mal.

Voici donc les cartes postales, je comprends maintenant que les hommes puissent devenir fous :


Tabu signifie 'défendu' ou 'interdit'... Alors pourquoi ce fruit doré sur le sable blond ?



Observez la photo suivante puis fermez les yeux. Sur cette peau luisante et cuivrée imaginez maintenant le parfum de la fleur de tiaré associé au lait de coco à la vanille... Respirez, sentez, effleurez. La peau a besoin de caresses, la peau doit être respirée... Moi, Vénus, j'imagine ce que ressent un homme quand, les yeux clos, il parcourt mon corps. Communication non verbale. Femme, je sais ce que procure le contact de la main sur mon propre corps, que ce soit la main d'un homme, que ce soit la main d'une femme.

L'amour est tout, l'amour, et la vie au soleil !

Amour est le grand point, qu'importe la maîtresse ?

Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse.

A. de Musset, La coupe et les lèvres.

En philosophie, le courant hédoniste pose la réalisation du plaisir comme objectif essentiel à la sagesse. Je veux être sage.

Je n'appartiens à personne ; quand la pensée veut être libre, le corps doit l'être aussi. A. de Musset, Lorenzaccio.


Où pensiez-vous aller comme ça ?? Hein !! Vous vous dirigez vers un terrain glissant !

Ce n'est pas si simple ! Il faut l'autorisation préalable de la personne concernée pour accéder au slip. Il faut être patient et persévérant, prendre son temps, se séduire mutuellement et désirer aussi le slip de l'autre sinon tu te prends un râteau ! Le slip en question est le plan incliné destiné à mettre à l'eau de petites embarcations. Cette phrase me fait sourire, je dois savoir inconsciemment pourquoi... C'était une façon à moi de vous mener en bateau ;o)

Sylvain, le célèbre photographe, a grandement contribué au développement du mythe de la jolie vahiné par ses photos en noir et blanc des années 60. C'est le 'Doisneau' de la Polynésie. Un superbe album chez Taschen. La photo la plus célèbre est celle-ci, à l'instar du 'Baiser de l'hôtel de Ville' de Doisneau :


La version actuelle en couleur. Les enfants de Sylvain sont aussi photographes :

Les seins sont un peu plus gros. Tous les seins sont beaux, c'est un postulat, ils sont simplement différents : c'est indémontrable mais vérifiable.

D'autres beautés des îles ?

D'abord la délicate fleur blanche du gardenia taitensis, c'est-à-dire la tiaré, emblème de Tahiti. Les mauvaises langues disent que les allemands utilisent la fleur de tiaré contre la constipation... Allez comprendre pourquoi !

Cette fleur enivrante est composée de plusieurs pétales disposés en étoile. Elle fleurit toute l'année sur un petit arbuste aux branches cassantes et aux feuilles vernissées. La fleur est offerte à chaque touriste à sa descente d'avion (un groupe de trois musiciens accueille les touristes à l'aéroport). Le musicien de gauche joue d'un instrument à une corde réalisé avec une poubelle en plastique.

Le tiaré est porté à l'oreille par les polynésiens, aussi bien les hommes que les femmes. L'homme (le tané) choisit généralement une fleur encore en bouton tandis que la vahiné préfère une fleur bien ouverte pour orner son oreille gauche ou droite selon que son coeur est pris ou non. Je n'ai jamais su quelle était la bonne oreille. La fleur est également utilisée en médecine traditionnelle pour ses vertus calmantes et en cosmétologie puisqu'elle est l'une des principales componsantes entrant dans la préparation du célèbre monoi. Le monoi s'obtient par la macération des fleurs dans l'huile de coco purifiée. Il lustre les longs cheveux soyeux et rehausse la teinte cuivrée de la peau des vahinés. Cette photo n'est pas une carte postale.


Parlons de la vanille dont Tahiti est un grand producteur. Je connais bien la vanille mais je ne vous dirais pas pourquoi parce que je me trahirais...

La vanille est une liane (on en trouve à l'état sauvage dans la fôret) dont la fleur est une orchidée. La fleur est à l'extrémité de la tige verte (la future gousse) . J'ai eu l'honneur d'assiter à un mariage de vanille (pas le mien car je suis encore vierge). Je vous recommande la cuisine à base de vanille. Excellent le mahi mahi sauce vanille (un poisson) !

Pour en savoir plus

Pour terminer avec les végétaux, je citerais le gingembre que l'on trouve également à l'état sauvage dans la brousse. On dit que le rhizome a des vertus particulières. Savez-vous lesquelles ? J'en ai apporté 1 kg dans mes valises, ça peut toujours servir. Ça remplace l'ail dans les salades.

Les randonnées.

La montagne et sa forêt luxuriante permet de nombreuses randonnées. C'est en général très physique car les sentiers ne sont pas toujours repérables, les passages à gué (c'est pas triste !) sont parfois nécessaires ainsi que l'escalade à l'aide d'une corde. Des rencontres inattendues comme celle de Taretiau (traduction de Robert...) qui vit dans la montagne. Dans un premier temps il n'a guère apprécié notre intrusion sur ses terres car il craignait que nous les saccagions par des cueillettes inoportunes. La diplomatie de Dominique, notre guide, a convaincu. Il n'était pas "sauvage" du tout mais bien sympathique. Etymologiquement, le sauvage est celui qui vit dans la silva, la fôret. L'acculturation fait son chemin ; il portait des "nouilles" aux pieds car c'est bien pratique en effet. Que faisons-nous là-bas, nous européens ? Une culture, une terre. Que leur apportons-nous ? Bref, passons... La brousse, silencieuse car il n'y a pas d'oiseaux vers les hauteurs, n'est pas hostile : aucun reptile dans l'île, seulement des scolopendres (les cent pieds comme ils disent) des moustiques et des araignées en saison.

Des difficultés ?

Une piste. On ne voit personne car les herbes sont hautes.

La vallée de la Fatuaua.

Une cascade de 103 m. En haut, une 'baignoire' où tu peux glisser comme sur un toboggan mais il faut s'arrêter à temps si tu ne veux pas te retrouver directement en bas...

Bon, je vous retrouve en bas dans un peu plus d'une heure. OK ? (Par le chemin bien sûr).

En bas, un lac. L'eau était si claire que je m'y suis baignée (nue) ! Si vous avez de bons yeux vous me reconnaitrez avec Dominique. L'eau est fraîche, elle n'est pas froide, non, vraiment, c'est très agréable, un plaisir ineffable. Le paradis existe, je l'ai vu !

Voila ! A présent nous sommes dans l'eau.

Qu'emporter des îles ?

D'abord des souvenirs...

Peut-être aussi un paréo.

http://www.tahiti.free.fr/patrick/doc/browser.php?directory=Pareo_de_Tahiti#/

Un tattoo ?

Ce sont les britanniques qui, à leur retour de Tahiti, fabriquèrent le néologisme to tattoo à partir du tahitien tatau et c'est le traducteur d'Hawkesworth qui inventa le verbe 'tatouer' et l'incorpora à la langue française en 1769 ; puis il fallut attendre les environs de 1900 pour que le castillan forgeât à son tour le verbe tatuar.

Un petit soleil sur l'épaule, une raie manta ou une bande en haut des reins ? Une discrète petite fleur près du mont de Vénus est un raffinement à découvrir. C'est élégant et à la mode.

http://www.rfo.fr/article133.html

http://www.tahititatou.com/index1.html

Une perle noire ?

C'est incontournable. Que tu sois hétéro, homo/lesbienne ou bi (je suis tout à la fois), il/elle ne pourra résister à t'offrir cette goutte d'océan produite par les nacres aux lèvres noires qui donnent des nuances de couleurs telles que le rose, le bleu, l'or, l'argent ou un rouge violet appelé "aubergine". Diego de Prado y Tovar écrivit que c'était en l'honneur de la reine Marguerite d'Espagne, l'épouse de Philippe III, qu'il avait baptisé la Papouasie Magna Margarita, faisant une belle association entre le prénom de sa reine et le nom latin margarita présent dans l'appellation scientifique des nacres Pinctada Margaritifera et des perles qu'il vit dans cette terre. La photo est d'Alain.

http://www.letahititraveler.com/pearl/learnfarms.asp

Je fais une pose. Je vous retrouve bientôt pour la deuxième partie. Je n'ai pas encore parlé du lagon, du soleil et de plein d'autres choses.

Puis-je vous parler d'un amour de vacance ?

Le sourire de Vaiana. Ses cheveux d'ébène glissent sur le bas des reins.


Ouvert pour cause de rentrée... [Deuxième partie]

Attendez, ça vient.

Bora Bora (la photo n'est pas de moi).

De Papeete à l'île de Bora Bora (280 km) il faut compter aproximativement le même temps en avion que pour aller de Nice en Corse, soit environ trois quart d'heure. L'accueil de madame Masson est très sympathique. Son mari, décédé depuis plusieurs années était un peintre reconnu en Polynésie, peinture de style 'Gauguin'. Il reste quelques tableaux dans le salon. Sur celui-ci madame Masson coiffe l'une de ses filles devant leur maison.

La pension de famille est son ancienne demeure, elle est située au bord du lagon avec une petite plage. Le confort est sommaire et c'est tant mieux, on se sent à l'aise dans cette ambiance intimiste qui permet les échanges. L'eau est rationnée à Bora depuis début juillet... Seulement un filet d'eau sous la douche... Une réserve d'eau dans une poubelle en plastique permet de se rincer après le bain dans le lagon. C'est un peu froid, pour cette raison la pointe de mes seins se dresse. Les hôtels sont inabordales en Polynésie, comme celui-ci par exemple (encore une photo volée). Pour donner une idée, une petite cabane comme celles-ci te coutera dans les 400 euros la nuitée... Il est vrai que tu peux observer les poissons depuis le plancher. Le paradis serait-il un monde de riches ? Je pense au roman du cubain Pedro Juan Gutiérrez, El rey de La Habana... Les hispanistes connaissent, ils comprendront. Partons faire le tour de l'île en vélo (60 km).

La famille Masson dans les années 60. Ils sont tous vieux à présent.

La pension de madame Masson, un autre charme.

Le salon. Ma chambre en haut à gauche (une moustiquaire est fixée au plafond et tombe en s'évasant sur le lit) à droite le divan qui plait tant à Brigitte.

Ci-dessous, la vue sur le lagon et le "motu" d'en face. Les motu sont des îlots désertiques qui encerclent les îles. Petit déjeuner sur la table. Coucher de soleil vers 17h 30. N'oublions pas que nous sommes dans l'hémispère sud, en hiver. Le soleil se lève vers 5h et se couche vers 17h30 - 18h tout au long de l'année. Les journées sont courtes mais bien remplies. Regardez à nouveau le tableau de madame Masson qui coiffe sa fille et vous reconnaitrez le motu, en haut à gauche.

Mon bateau... ;o))

Un motu devant lequel nous avons effectué une plongée.

Une autre vue de l'île.

Je suis née des flots, je suis donc dans mon élément.

Dommage, on n'aperçoit guère les beaux poissons bleus à gauche.

Une raie grise.

Au cours de la plongée, moi la sirène, j'ai découvert, Oh surprise !!! devinez qui :

James Bond en personne !!

Il m'a fait son baratin habituel mais ça n'a pas marché, c'est tombé à l'eau, j'ai trop de pudeur. Pierce Brosnan (que j'ai rencontré au Bloody Marys, voir plus loin) n'est pas mon genre. J'aurais peut-être craqué pour le sensuel Sean Connery... malgré ses 75 ans il a toujours du charme.

(Ceci dit il n'est vraiment pas facile de rire avec un masque de plongée...).

La photo traditionnelle... Il n'est pas conseillé de faire la sieste sous les cocotiers.

Miguel de Unamuno, en su novela “Amor y pedagogía”, emplea el vocablo 'coco' en los siguientes versos:
Duerme, niña chiquita, que viene el “Coco” a llevarse a las niñas que duermen poco...

Mais je pense surtout au livre de ce très sérieux philosophe : Apuntes para un tratado de cocotología, un traité sur les cocottes en papier !... (Encore pour les hispanistes).

J'aimerais être le paysage que je contemple (Simone de Beauvoir).

Un "curios", c''est-à-dire une boutique d'artisanat-souvenirs. Rosa, j'ai rencontré ton cousin. On a évoqué longuement l'Aragon (y sus tambores).

Le Bloody Marys, le restaurant des stars... Boire un cocktail est sympa. A l'intérieur, le sol est à même le sable.

Les célébrités. Je n'ai pas trouvé Vénus... Steve Vai, ça me dit quelque chose.

Il est déjà l'heure...

Ça vous dit une troisième partie ?

Alors à bientôt.

Mes copines, Françoise et Brigitte ;o)