mardi, juillet 05, 2005

Le sommeil..

Gustave Courbet (1819-1877), Le sommeil.
Ancien ambassadeur de Turquie à Saint Petersbourg, Khalil-Bey était un riche oriental, tenant salon rue Taitbout, et amateur de peinture (la présence dans sa collection du Bain turc d'Ingres, donne une idée de son orientation érotique). Courbet refusa de lui faire une copie de son tableau Vénus et Psychée de 1866 (détruit à Berlin durant la Seconde Guerre mondiale), mais lui livra Le sommeil, qui dut combler l'attente de l'amateur. Le tableau, également intitulé Paresse et luxure, ressuscite les nus les plus somptueux de l'histoire de la peinture, ceux de Titien et de Fragonard en particulier. Mais ce sont autant les corps, la forte présence charnelle de ces filles nues, que leurs rêves, que Courbet donne à voir (nous sommes à l'évidence dans une maison close, où les pensionnaires nouaient souvent des relations lesbiennes). Le grand réaliste qu'est Courbet n'hésite pas à introduire une allégorie plus ou moins ésotérique pour commenter son propos. Le collier de perles qui s'échappe d'un calice de cristal serait une allusion symbolique au remords ou à l'absolution ; comme le venin du châtiment incarne par un reptile surgi de la coupe empiosonnée de saint Jean dans les anciennes images populaires consultées par le peintre.
[Courbet, Editions Cercle d'Art]

Besarse, mujer,
al sol, es besarnos
en toda la vida.
Asciende los labios,
eléctricamente
vibrantes de rayos,
con todo el furor
de un sol entre cuatro.
Besarse a la luna,
mujer, es besarnos
en toda la muerte:
descienden los labios,
con toda la luna
pidiendo su ocaso,
del labio de arriba,
del labio de abajo,
gastada y helada
y en cuatro pedazos.

Miguel Hernández, Cancionero y romancero de ausencias (1938-1941).