lundi, juillet 04, 2005

La jeune fille aux gants.


Tamara de Lempicka, 1929.

La beauté froide, la Garbo de la peinture.

Tamara de Lempicka, née Gorska le 16 mai 1898, à Varsovie, et décédée le 18 mars 1980 à Cuernavaca, au Mexique, est la peintre la plus célèbre de la période Art déco.
Fille d'un avocat, elle évolue dans un milieu plus qu'aisé entre Saint-Pétersbourg et les grandes villes d'eaux européennes. En 1914 elle s'installe à Saint-Pétersbourg pour apprendre la peinture. Elle s'éprend de Tadeusz Lempicki, un jeune avocat russe qu'elle épouse en 1916. La Révolution d'octobre boulverse sa vie et après un séjour à Copenhague elle gagne Paris. Son mari supporte mal d'avoir perdu sa vie privilégiée et refuse de travailler. Le couple bat de l'aile. Tamara décide d'entamer une carrière de peintre.
En 1920, à l'Académie de la Grande Chaumière, elle reçoit l'enseignement de Maurice Denis et d'André Lhote. Autant passionnée par le cubisme que par la peinture d'Ingres ou encore celle de Pontormo dont elle part copier les œuvres en Italie, Tamara a son style à elle, tout à la fois élégant et sculptural, dès 1922, date à laquelle elle présente un portrait au salon d'Automne. Le succès ne tarde pas et le peintre immortalise la bohème parisienne de son temps : André Gide, Suzy Solidor, de riches industriels, des princes russes émigrés, etc. Elle fréquente Paul Poiret ou encore Georges Braque.
Les peintures de Tamara de Lempicka frisent régulièrement le scandale : ses personnages féminins sont souvent garçonnes, ses ambiances parfois équivoques.
Elle divorce en 1928 pour se remarier, en 1933, avec le Baron Raoul Kuffner. Ce nouveau changement de statut social lui fera perdre de vue le monde artistique de l'époque autant à titre personnel que dans son œuvre. Fuyant la guerre, elle s'installe aux états-unis. Après-guerre, son œuvre tombe dans un profond oubli jusqu'à ce que la mode « Art-déco », dans les années 1970, fasse ressurgir son nom.
Tamara de Lempicka n'est sans doute pas une artiste majeure du XXe siècle : sa production pléthorique et par trop homogène manque de chefs d'œuvre, elle aura avant tout marqué l'histoire de la peinture par un style reconnaissable entre tous, charmant, un peu lisse et totalement en phase avec ces années folles de l'entre-deux-guerres qui se sont plues, par elle, à se regarder vivre.